L’autel de Pergame au Pergamonmuseum de Berlin

par Christina Legendre

Les fouilles de Pergame ont débuté plus ou moins fortuitement et ont permis de mettre au jour le Grand autel de Pergame, actuellement reconstruit dans le musée de Pergame à Berlin (île des Musées), spécialement conçu pour l’accueillir.

 I. Description générale de Pergame

A. Situation géographique

 

Pergame se situe en actuelle Turquie et fait partie à l’époque du grand Royaume de Pergame, gouverné par les rois de la dynastie des Attalides.

Carte de l’Asie Mineure à l’époque du royaume de Pergame (env. 160 av. J.-C.)
Carte de l’Asie Mineure à l’époque du royaume de Pergame (env. 160 av. J.-C.)

C’est pendant la période de domination de l’Empire ottoman en Asie Mineure (règne d’Abdülhamid II de 1876 à 1918) que les fouilles, menées sous le Second Reich allemand (1871-1918), débutent à Pergame. On connaissait déjà depuis longtemps l’existence des ruines de la cité antique et des cartes avaient déjà été réalisées à plusieurs reprises, notamment par le comte de Choiseul-Gouffier vers 1760 puis par Jean Nicolas Huyot en 1818 [1].  

 

B. Fouilles

1. Le début des fouilles  

 

Plan de la ville de Pergame par Carl Humann (v. 1880)
Plan de la ville de Pergame par Carl Humann (v. 1880)

En 1871 Carl Humann, architecte allemand à Pergame en qualité de directeur de l’entreprise de construction des routes nationales en Turquie, découvre les fondements de l’autel de Pergame.
Sa bonne connaissance de l’emplacement des lieux et des travaux de construction (génie civil et quelques résidences d’ambassadeurs) ont permis la découverte rapide de l’autel de Pergame.  

Ayant également contact avec Alexander Conze, le directeur des antiquités de Berlin, il est nommé directeur des fouilles à Pergame, après que les négociations nécessaires avec les autorités turques soient achevées.
Les fouilles allemandes débutent en 1878 sous la direction de Carl Humann et trois longues campagnes de fouilles (1878-1879, 1880-1881 et 1883-1886) sont nécessaires pour exhumer entièrement l’autel de Pergame.
Des morceaux sélectionnés sont régulièrement envoyés à Berlin et finalement, le monument est cédé en 1879 par les Turcs à l’Allemagne en échange de 20 000 marks en or et du retour de certaines pièces antiques turques [2].  

 

  2. Déroulement général des fouilles de la ville de Pergame  

 

La première période des fouilles permet de déterrer presque tous les complexes architecturaux de l’antique ville de Pergame : l’agora supérieure, le sanctuaire Sanctuaire
Sanctuaires
Lieu sacré, consacré par une religion.
d’Athéna, le palais royal, le théâtre, le temple de Dionysos et le Trajaneum, ainsi que les murs de la ville, peut-être même les ruines d’une ville encore plus ancienne, celle d’Aigai (rattachée à Pergame en 218 av. J.-C.). Les premières cartes de la ville et des environs sont mises au point [3].

Reconstitution de la ville de Pergame, avec en rouge l’autel de Pergame
Reconstitution de la ville de Pergame, avec en rouge l’autel de Pergame

La deuxième période de fouilles s’étend de 1900-1913 et les fouilles sont réalisées sous la direction de l’architecte et chercheur Wilhelm Dörpfeld (directeur de la partie Athènes de l’Institut archéologique allemand).
Les découvertes essentielles de cette période de fouilles concernent la partie inférieure de la ville, qui est situé sur une montagne : l’entrée principale de la ville, les portes secondaires, la rue principale, l’agora inférieure, l’immense gymnase, les sanctuaires de Déméter et d’Héra et quelques habitations.  

Après la Seconde guerre mondiale, la situation économique de l’Allemagne et l’évolution du statut politique de l’Empire ottoman (devenu la Turquie) entraînent une longue interruption des fouilles jusqu’en 1927. La troisième période de fouilles se poursuit de 1927 à 1938, juste avant le début de la Seconde guerre mondiale. Cette fois, les travaux sont dirigés par Theodor Wiegand, directeur des antiquités des musées de Berlin et promu en 1932 directeur de l’Institut archéologique allemand (Deutsches Archäologisches Institut, DAI).
C’est sur son initiative que fut enfin ouvert en 1930 le musée de Pergame à Berlin. Il imagine aussi le musée accueillant non seulement l’autel de Pergame mais aussi les autres grandes découvertes de l’Allemagne en Asie Mineure [4], tout en gardant l’autel de Pergame comme pièce maîtresse du musée.  

En 1937, après la mort de Wiegand, les travaux de fouilles sont ralentis par la Seconde guerre mondiale. Les fouilles reprennent en 1945, mais elles ne concernent plus l’autel de Pergame : des fouilles de 1955 à 1968 sous la direction de Erich Boehringer [5], directeur du DAI à l’époque, permettent la fouille complète du sanctuaire d’Asclépios ainsi qu’une partie de l’amphithéâtre, la découverte de sanctuaires hors les murs et de bâtiments d’habitation, qui, très abîmés, demandent d’importantes restaurations et aménagements.  

Enfin la dernière période de fouilles à Pergame débute en 1972 sous la direction de Wolfgang. Il s’agit de fouilles exclusivement dans la partie habitée de la ville antique et dirigées par les autorités turques.  

 II. L’autel de Pergame

Maquette de l’autel de Pergame (Musée de Pergame, Berlin)
Maquette de l’autel de Pergame (Musée de Pergame, Berlin)

A. Déroulement des fouilles du Grand Autel de Pergame

 

Vue actuelle de l’emplacement de l’autel de Pergame sur le site
Vue actuelle de l’emplacement de l’autel de Pergame sur le site

En décembre 1871 est découvert dans un mur de l’acropole de la ville un panneau de marbre avec un bas-relief représentant un géant. Humann pense tout d’abord que la frise dont est probablement issu le panneau provient du temple d’Athéna tout proche. Mais en 1877, Alexander Coze, devenu le nouveau directeur de la collection de sculptures du Musée de Berlin, trouve chez Lucius Ampelius une référence à un «  Autel des Géants  » [6], permettant ainsi une identification précise. Il demande alors à Humann de poursuivre les fouilles et de déterrer le reste de l’autel. En août 1878, l’Empire ottoman donne la permission à l’Allemagne d’ouvrir les fouilles sur le site de Pergame et dès le 24 septembre 1878, 17 panneaux sont découverts, puis, fin décembre, 39 panneaux de la Gigantomachie et quatre de la frise de Télèphe, près de 800 fragments, une dizaine de statues et 30 inscriptions. Pour parvenir à un tel résultat, il a fallu déplacer 1 800 m3 de terre. On compte au total 94 panneaux de la frise et 2 000 fragments découverts avant la construction du premier musée de Pergame. Chacun de ces panneaux a été descendu de l’Acropole, nécessitant la force d’une vingtaine d’hommes à chaque fois.
La structure architecturale de l’autel n’a été visible qu’après 1 300 jours de travail, après avoir dégagé l’autel du mur byzantin qui le cachait. Pour le transport vers la mer, Humann fait construire une route, ainsi qu’une nouvelle jetée pour permettre l’embarquement du monument. Pour éviter que les Ottomans ne voient réellement ce qui avait été découvert et ne réclament l’autel, Humann laisse le ciment byzantin sur la frise et la fait transporter face vers le bas. Il réussit aussi à acheter les quelques fragments qui avaient été découverts plus tôt par d’autres et qui étaient conservés à Constantinople.  

 

B. Descriptif de l’autel

 

L’autel de Pergame dit « Grand Autel de Pergame » fut construit au IIe siècle av. J.-C. par Eumène II Sôter, roi de Pergame en 197 av. J.-C. et second membre de la dynastie des Attalides, pour commémorer la victoire d’Attalle Ier Sôter (son père) sur les Galates (habitants de la région d’Ancyre, aujourd’hui Ankara). Il est également possible que ce soit son frère, Attale II. qui ait construit l’autel en hommage à son grand-père.
L’autel a été construit en marbre dans la tradition de construction dite ionique. Il est constitué d’une vaste plate-forme entourée d’un mur très épais doublé d’une colonnade ionique. De chaque côté de l’estrade, une aile enserre l’escalier monumental menant à une cour fermée, ceinte d’une colonnade extérieure, où devaient se dérouler les sacrifices.
Sur 120 m de longueur se déroule la frise en bas-relief, représentant la gigantomachie[Source de l’image], c’est à dire le combat entre les dieux de l’Olympe et les géants, fils de Gaïa, symbolisant la défense de la civilisation hellénique.  

Reconstitution de la frise de la Gigantomachie de l’autel
Reconstitution de la frise de la Gigantomachie de l’autel

Les frises des murs de la cour, hautes de 1, 10 m pour 90 m de long, représentent l’histoire de Télèphe, fils d’Héraklès et fondateur légendaire de Pergame [7]. La frise de Télèphe n’est pas complètement achevée car la dynastie des Attalides prend fin en 133 av. J.-C. avant l’achèvement de l’autel de Pergame.
Enfin, sur le toit des colonnades, des acrotères prennent la forme de chevaux, griffons ou lions. Une reconstitution récente suggère que des statues occupaient les entrecolonnements.
Les vestiges de l’inscription dédicatoire de l’architrave ne permettent pas de savoir à quelle divinité il était consacré  : on donne à l’autel le nom conventionnel de «  Grand Autel  ». Les hypothèses les plus vraisemblables mentionnent Zeus ou Athéna, la protectrice de Pergame, ou bien les deux divinités ensemble ou encore les douze dieux de l’Olympe.  

 

Fragments de la frise

Aile de Déméter
Aile de Déméter
Zeus
Zeus

 

 

 

 

 

  III. Le musée de Pergame

 

Le Musée de Pergame à Berlin
Le Musée de Pergame à Berlin

On voit à quel point le modèle de la construction du musée s’inspire de celui de l’autel.  

 

 

 

 

A. Historique

 

1. L’archéologie au service de la grandeur de l’Empire allemand  

 

Le transport des fondements de l’autel de Pergame vers Berlin débute dès 1879 (l’Empire ottoman vendait alors deux tiers de ses antiquités à l’Empire allemand). La rapidité du transfert s’explique par la concurrence à l’époque avec le British Museum et le Louvre à Paris pour l’acquisition des antiquités. Les succès et les découvertes archéologiques à Olympie se succèdent, prouvant l’activité intensive de fouilles du Reich allemand et menant une concurrence de plus en plus importante avec la France et l’Angleterre (découvertes de parois et de métopes très garnis du temple de Zeus à Olympie). De plus, il n’y a eu aucun problème avec l’Empire ottoman lors des négociations de l’acquisition de l’autel de Pergame, négociations effectuées par Bismarck lui-même.
Parallèlement, dès 1886, l’autel de Pergame est présenté à l’occasion du jubilé de l’Académie des arts impériale. Cette exposition a pour objectif de montrer l’Allemagne comme une puissance importante en Europe, qui peut se maintenir dans la concurrence européenne et qui a aussi des horizons culturels et artistiques très variés.
Le musée n’est pas encore achevé pour la première exposition, qui a donc lieu dans le musée nommé temple de Pergame avec en face le temple de Zeus trouvé à Olympie, pour recréer d’une certaine façon l’atmosphère et l’apparence de cet endroit au IIe siècle av. J.-C.. Le temple de Pergame ne correspond pas au musée de Pergame actuel, il s’agissait simplement d’un bâtiment d’exposition temporaire.
Une seconde exposition se déroule cette fois au Altes Museum (« Ancien Musée »), sur l’île des Musées de Berlin. Déjà, des détails de la frise de l’autel de Pergame sont reproduits en miniature et mis en vente au musée comme souvenir.
Malgré tout, à cause de la grande valeur archéologique de cette pièce et surtout de son volume important, il est nécessaire de construire en parallèle un musée à Berlin pour l’accueillir. C’est Wilhelm de Bode, directeur des musées royaux en 1905, qui amorce le projet de construction d’un immense musée pour accueillir l’autel de Pergame tout entier. Les premiers plans du musée de Pergame prévoient un bâtiment de 13 000 m2 avec cinq diorama à l’extérieur en frise qui illustrent la jeune histoire du colonialisme allemand. Ce musée et l’archéologie sont au service de la mère-patrie et permettent de rappeler à tous la grandeur de l’Empire allemand.  

 

  2. La construction du musée  

 

Un premier musée de Pergame avait déjà été construit sur l’île des Musées par Fritz Wolff de 1897 à 1899 et ouvert par le Kaiser Guillaume II en 1901. Le musée contient les découvertes archéologiques de Pergame, Priene et Magnésie, mais pas l’autel lui-même (le musée n’était pas assez grand pour accueillir l’autel de Pergame).
Après la démolition de ce premier musée en 1908, les collections sont temporairement déplacées au Neues Museum (« Nouveau Musée ») jusqu’à la construction du second musée.
Alfred Messel avait proposé en 1907 des plans pour un musée assez grand et la construction débute donc en 1912 au même endroit que le premier musée. Alfred Messel meurt en 1909, c’est donc son ami Ludwig Hoffman qui reprend la direction des travaux, avec l’aide de plusieurs architectes. La conception de la salle abritant l’autel de Pergame et la porte du marché de Milet est issue de la collaboration d’Hoffman avec Theodor Wiegand, qui s’était occupé de la troisième vague de fouilles pour déterrer l’autel de Pergame. La construction du musée est d’abord interrompue par la Première guerre mondiale, puis par la Révolution de Novembre en 1918 et encore par l’inflation de 1922-1923.
Finalement, en 1930, le musée est ouvert par Wilhelm Waetzoldt, directeur général des musées nationaux à Berlin (de 1927 à 1933). Ce sont en fait trois musées en un qui ouvrent ensemble. Le musée est constitué de trois ailes, dont une comprend une immense salle qui a exactement la forme de l’autel de Pergame, celui-ci devant être reconstruit à l’intérieur. Les deux autres ailes abritent le musée d’art de l’Islam et le musée d’art proche et moyen-oriental.
Ce n’est qu’en 1930 que le musée de Pergame actuel avec l’autel reconstruit à l’intérieur ouvre ses portes. Finalement, la présentation muséographique est différente de celle des deux expositions : la partie centrale de l’autel est effectivement reconstruite dans le musée mais pas de façon fermée ; c’est-à-dire qu’elle fait face aux visiteurs qui entrent dans le musée, présentant frontalement l’escalier principal de l’autel ; une partie de la frise, trop lourde pour être replacée sur les murs de l’autel, est montée le long des murs du musée lui-même , en face de l’emplacement qu’elle occupait sur le monument. Il a fallu interpréter l’emplacement des fondations à Pergame même pour avoir une idée assez juste lors de la reconstruction de l’autel, qui fut d’ailleurs différente du premier au second musée de Pergame [8].  

 

B. Réception de l’installation de l’autel de Pergame dans les milieux archéologiques

 

Cette façon d’exposer l’autel de Pergame a suscité de nombreuses controverses, la plupart dénonçant une « mise en scène, une théâtralisation » de cette pièce archéologique et déclarant « qu’ils se sentaient comme devant une manche retournée » [9]. Une autre critique concernait le nom donné à l’ensemble architectural : en effet, le terme d’autel fait référence à quelque chose de religieux et non à un monument aux héros morts. Ce problème rejaillit d’ailleurs lors de la Seconde guerre mondiale, avec le culte (anti-religieux) des héros morts pour le national-socialisme.  

 

C. Le musée après sa construction

 

Durant la Seconde guerre mondiale, le musée de Pergame a beaucoup souffert des bombardements de Berlin : les objets transportables furent mis en lieu sûr mais les grands monuments demandèrent ensuite une rénovation importante et ce n’est qu’en 1954 que le musée rouvre ses portes. D’autre part, le musée fut pillé en 1945 par les Soviétiques pour constituer un trophée de guerre. La plupart de ces objets furent rendus dès 1957 et 1958 mais certains sont encore au musée Pouchkine de Moscou ou à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg (par exemple, le célèbre trésor Trésor Ensemble d’au moins deux monnaies déposées volontairement à l’endroit où il est trouvé. Les trésors sont rarement trouvés en fouilles, mais le plus souvent par hasard. de Priam, découvert en 1873 sur le site de la cité antique de Troie par l’archéologue allemand Heinrich Schliemann, et conservé depuis six décennies au musée Pouchkine).
C’est en 1958 que le musée prend le nom de musée de Pergame, nom jusqu’alors seulement réservé à l’aile abritant l’autel de Pergame.  

 

D. Les autres trésors du musée de Pergame

 

L’autel de Pergame n’est pas le seul trésor que renferme le musée de Pergame. D’autres monuments très importants y sont également exposés, parmi lesquels la porte du marché de Milet, qui fut entièrement reconstruite et rénovée à l’intérieur du musée, la porte d’Isthar avec la rue principale de Babylone, attestant de la grandeur de la Perse antique, et la façade de Mschatta.  

La porte d’Ishtar est découverte par Robert Koldewey en 1899. Entre 1899 et 1917, cet archéologue dirige les fouilles de Babylone, dans l’actuel Irak, sous la direction du Musée impérial de Berlin et de la Deutsche Orient-Gesellschaft (DOG). Jusqu’à ce que l’instauration du protectorat britannique sur l’Irak en 1917 ne vienne définitivement interrompre ses recherches, il découvre notamment la voie processionnelle, longue de 250 m et large de 20 à 24 m dont l’entrée est la Porte d’Ishtar . Celle-ci a été reconstruite à partir des éléments trouvés par Koldewey dans le musée de Pergame de 1902 à 1930. Il s’agissait en fait d’une double porte, seule la plus petite est actuellement exposée au musée de Pergame (la seconde porte est trop grande pour être exposée dans le musée, elle est donc conservée dans la réserve). De nombreuses parties de la frise de la voie processionnelle sont par ailleurs conservées dans d’autres musées du monde entier.  

 

Porte d’Ishtar, vue d’ensemble et détail

Porte d’Isthar
Porte d’Isthar
Détail de la porte d’Isthar
Détail de la porte d’Isthar

 

 

 

 

 

 

Façade du palais de Mshattâ
Façade du palais de Mshattâ

Le palais de Mschatta, dont provient la façade exposée au musée de Pergame, est un des châteaux arabes omeyyades, situé au sud-est de la ville d’Amman en Jordanie. La construction de l’édifice est attribuée au calife omeyyade al-Walîd II, en 744. Les premiers vestiges du palais sont découverts en 1840. La façade n’est découverte qu’en 1903 lors de la construction du chemin de fer de Bagdad et offerte la même année au Kaiser Guillaume II par le sultan ottoman Abdul Hamid II. Le Kaiser la fait installer au Bode-Museum de Berlin en 1903. La façade est ensuite déplacée en 1932 dans le musée de Pergame, musée des Antiquités d’Asie-Mineure et Proche-Orient. Elle fut malheureusement sévèrement endommagée par les bombardements alliés.  

 

Porte du marché de Milet
Porte du marché de Milet

Les premières fouilles à Milet, ancienne cité grecque ionienne (située en Asie Mineure, au bord de la mer, composée d’une cité et d’un port) ont été menées par l’archéologue Français Olivier Rayet, en 1873, puis par l’archéologue Allemand Theodor Wiegand de 1899 jusqu’à 1914. La Porte du marché de Milet a été taillée dans le marbre en 165 apr. J.-C. et offerte par un riche habitant de la cité. En 1925, elle est transportée fragment par fragment en Allemagne et reconstruite dans le musée de Pergame.

 

Le musée de Pergame actuel est constitué de trois musées : le musée antique d’Asie-Mineure, qui contient effectivement l’autel de Pergame, le musée d’art de l’Islam et le musée d’art du Proche et Moyen-Orient, où sont conservés la façade de Mschatta, la célèbre chambre d’Alep, la collection de tapis d’Orient de Wilhelm de Bode, la porte d’Ishtar et d’autres merveilles antiques.  

  Bibliographie

Queyrel François, L’autel de Pergame, images et pouvoirs en Grèce d’Asie, Picard, Paris, 2005  (compte-rendu sur le site Histara)

Schalles Hans-Joachim, « Pergammonaltar », Der neue Pauly Enzyklopädie der Antike, vol. 15/2, 2002, pp 211-215  

Radt Wolfgang, Pergamon. Geschichte und Bauten einer antiken Metropole , Primus Verlag, Darmstadt, 1999  

Bitter Karl, Pergamon Gesammelte Aufsätze, Pergamenische Forschungen, vol. 1, De Gruyter, Berlin, 1972
Schmidt Evamaria, trad. Vernon J.-P., Le grand autel de Pergame, Edition Leipzig, Leipzig, 1962  

  Webographie

Site institutionnel du Pergamonmuseum à Berlin  

Article de l’encyclopédie Larousse sur la ville de Pergame

Christina Legendre,
1ère année, 2014


[1] Description de la découverte du site et de la réalisation de cartes successives en Queyrel 2005.

[2] Comme certaines sculptures de Pergame et d’Olympie pour l’académie d’art d’Istanbul. Ce sont d’ailleurs ce genre de négociations qui ont retardé les fouilles de l’autel de Pergame.

[3] Plan de Humann et reconstitution.

[4] A savoir Didyme, Milet, Pergame et Magnésie.

[5] Biographies des archéologues en Radt 1999.

[6] Lucius Ampelius, Liber memoralis, 8,14, « Pergamo ara marmorea magna, alta pedes quadraginta, cum maximis sculpturis ; continent autem gigantomachiam ».

[7] Télèphe (en grec Telephos) est dans la mythologie grecque le fils d’Héraklès et d’Augé, fille du roi d’Arcadie. Il aurait combattu les tribus locales pour fonder ensuite la ville de Pergame. Sa vie est narrée en Schmidt 1972, qui reprend en parallèle toute la description de la frise de Télèphe (ainsi que celle de la Gigantomachie).

[8] D’après un article d’Armin von Gerkan dans Bitter 1972, p. 64-66.

[9] Cité dans l’article « Pergamonaltar » de la Neue Pauly, p. 211-215.