« PROLOG et AFEAF, destins croisés », Alain Duval, Claire Soyer

par Gadea Cabanillas de la Torre

Alain Duval, Claire Soyer, « PROLOG et AFEAF, destins croisés », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 69-73.

Le titre de cette contribution synthétique annonce bien le caractère presque biographique du texte proposé par A. Duval et C. Soyer. L’idée de retracer les débuts de deux associations dans lesquelles O. Buchsenschutz a joué un rôle majeur en tant que fondateur et animateur nous ramène à la décennie entre 1975 et 1985, que bon nombre d’auteurs considèrent dans ce volume comme clé pour l’évolution de l’archéologie française. La perspective développée ici est alors complémentaire de celles présentées par d’autres auteurs, dans la mesure où elle aborde les systèmes d’organisation parallèles mis en place par une génération d’archéologues particulièrement actifs à cette période charnière.

C’est donc surtout le caractère informel et amical des débuts de ces associations que l’on retient, rythmé cependant par les inquiétudes scientifiques qui caractérisaient une époque où, d’autres contributions l’appuient, l’archéologie de l’âge du Fer en France se construisait aussi bien dans le système officiel de l’état (Université, CNRS) qu’en dehors de celui-ci. Cette contribution décrit ainsi, à partir de souvenirs, une dynamique scientifique basée sur les rencontres et les échanges entre chercheurs, présentés sur un plan d’égalité, qui s’avère très instructive quant à l’origine du développement des grandes associations d’archéologie en France, aujourd’hui devenues trop grandes pour une telle proximité.

Une comparaison constante parcourt cependant le texte : entre PROLOG et l’AFEAF, un développement en parallèle, impliquant souvent les mêmes acteurs, les mêmes préoccupations et des modes de fonctionnement semblables, aboutissent à des résultats différents au début des années 80. Malgré la convivialité, cette évolution est parfois présentée en termes d’ « interférences », de « délaissement » en faveur de l’AFEAF, qui constitue aujourd’hui la seule grande association nationale consacrée à l’étude de l’âge du Fer. C’est donc sur un ton quelque peu nostalgique que les acteurs qui ont partagé avec O. Buchsenschutz la création de PROLOG décrivent le glissement d’une association plus modeste à une autre à l’échelle nationale et ouvertement internationale dès ses débuts, impliquant des modèles d’organisation plus lourds et une atmosphère sans doute moins intime, mais tout aussi féconde.

Cette contribution réussit bien à mettre en valeur l’importance de la création d’un réseau personnel réunissant les acteurs de la recherche dans sa progression, lorsqu’il se structure autour d’une ambiance scientifique exigeante, et le rôle des acteurs, parmi lesquels figure O. Buchsenschutz, dans ce processus. Il n’est donc pas surprenant, dans ce volume d’hommage, de trouver un article qui semble relever essentiellement de la mémoire des auteurs et des personnes impliquées dans leur fondation, étant donné la rareté de la bibliographie à ce sujet. Cela donne à ce texte la valeur d’un témoignage sur les origines de l’association qui à ce jour joue un rôle fondamental dans l’étude de l’âge du Fer en France, même si l’on regrette que les auteurs se soient limités aux souvenirs des débuts de ces deux associations et n’aient pas élargi sur une réflexion sur le développement postérieur, voire même l’avenir de l’AFEAF.


Gadea Cabanillas de la Torre Doctorante en co-tutelle, UMR 8546 AOROC et Universidad Autónoma de Madrid (contractuelle FPI)