« Visualiser et mesurer les échanges à l’âge du Fer », Katherine Gruel, Fabienne Olmer, Stéphane Marion, Benjamin Girard

par Gadea Cabanillas de la Torre

Katherine Gruel, Fabienne Olmer, Stéphane Marion, Benjamin Girard, « Visualiser et mesurer les échanges à l’âge du Fer », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32). Bordeaux, 2013, p. 108-120.

Le thème de l’économie gauloise, déjà abordé par Olivier Buchsenschutz et ses collaborateurs dans un article fondateur publié en 1995 [1], est repris dans cette contribution collective. A travers cette démarche, les auteurs dressent donc un bilan de l’histoire de la recherche, des connaissances actuelles et des lacunes sur des éléments clés du sujet. Le texte révise ainsi les principaux acquis sur la production, la distribution et la consommation monétaire, la vaisselle céramique et métallique et les amphores, du point de vue de spécialistes reconnus de chaque type de mobilier.

Le dossier est particulièrement important en ce qui concerne le domaine monétaire, étant donné l’évolution rapide de la recherche sur ce sujet dans les vingt dernières années et la part non négligeable qu’il faut attribuer à K. Gruel dans ce processus. En effet, elle retrace une bonne partie des acquis de sa carrière, des démarches qu’elle a appliquées, autant dans la collecte de données que dans l’analyse du mobilier. Par rapport au texte de 1995, on note que beaucoup de lacunes se sont comblées entre temps, ce qui permet aujourd’hui d’avoir une image plus riche des systèmes monétaires gaulois, de leur échelle et de leur datation. Mais on y relève surtout des problématiques archéologiques, dont la vaste portée donne, dans l’ensemble de la Gaule, un rôle essentiel au monnayage dans la datation précise des contextes et la compréhension de l’économie gauloise.

Pour les autres catégories de mobilier, on repère des problématiques communes qui ressortent de l’exercice de synthèse réalisé par les auteurs. La systématisation et la normalisation de la quantification est mise en avant en tant qu’avancée méthodologique majeure aussi bien dans toutes les catégories céramiques que dans la vaisselle métallique, révélant ainsi une préoccupation fondamentale dans l’ensemble de l’archéologie française depuis les années 1980 et qui était à l’origine de l’article de 1995. Les auteurs manifestent également un souci à la fois d’affiner la typologie et de la dépasser en y intégrant l’analyse des dynamiques de production et de distribution. Avec l’augmentation des données, les perspectives d’interprétation se sont donc élargies dans les 20 dernières années. Précisément, face au foisonnement de données, ils mettent en évidence à la fois la difficulté et le besoin de les intégrer dans une interprétation sociale, démarche qui justifie largement l’étude spécialisée du mobilier, au-delà du simple inventaire.

Malgré le manque d’espace manifeste, qui a contraint les auteurs à comprimer leur contribution, et à être souvent trop allusifs en renvoyant à leurs propres publications, cet article montre de véritables avancées depuis 1995. Le texte rend bien compte de l’état actuel de la question et pose des problématiques au cœur de la recherche actuelle notamment par rapport au rôle de la Gaule en tant que « pays émergent » dans des réseaux d’échanges plus vastes.


Gadea Cabanillas de la Torre Doctorante en co-tutelle, UMR 8546 AOROC et Universidad Autónoma de Madrid (contractuelle FPI)


[1] O. Buchsenschutz, K. Gruel, P. Méniel, F. Laubenheimer, M. Py, « Histoire quantitative et archéologie protohistorique », Histoire et Mesure, vol. X-3/4, 1995, p. 231-259.