Les métiers de l’archéologie

Par Jean-Pierre Reboul

C’est en fouillant qu’on devient archéologue. Piocher, distinguer une couche stratigraphique… ne pourront jamais s’apprendre à l’école. Tout autant que d’étudier, il importe de fouiller le plus souvent possible et le plus tôt possible, en variant les chantiers et les périodes abordées (afin de choisir en toute connaissance de causes une thématique ou une période de prédilection).

 Les fouilles

Pour les adultes et adolescents intéressés par la fouille, le plus simple est de consulter la revue Archéologia, le site du Portail de l’archéologie et celui du ministère de la Culture, donnant chaque printemps la liste des chantiers ouverts aux bénévoles en France. La plupart ont lieu l’été (ce qui constitue un handicap pour les étudiants devant financer leurs études par eux-mêmes), mais des campagnes de prospections pédestres peuvent avoir lieu durant l’année scolaire, organisées par les facultés ou par des associations de passionnés.

 Les études d’archéologie en France

Il n’existe pas de cursus type pour atteindre les différents types de postes existant en archéologie, d’autant que de nombreux métiers extérieurs à l’archéologie (sciences dures dans leur ensemble, architecture…) peuvent fournir des archéologues compétents. Mais réaliser des études d’archéologie est désormais nécessaire à qui veut devenir archéologue, car les formations existantes ont acquis une véritable valeur diplômante. Ces études débutent en France après le baccalauréat, en faculté d’histoire de l’art et de l’archéologie, ou à l’École du Louvre (entrée sur concours). Ces deux formations sont assez sélectives à l’issue de la première année.

L’indistinction entre histoire de l’art et archéologie avant la licence est un souvenir des origines de la discipline archéologique en France, mais permet aussi aux étudiants le souhaitant de tenter les concours du patrimoine, après une première année de master. Le Collège de France, l’École normale supérieure offrent à Paris de nombreux cours sur l’Antiquité, en accès libre. À partir du master ou du doctorat, les cours en faculté peuvent être complétés par de nombreuses formations dans de grandes écoles, à l’étranger (École française d’Athènes, École française de Rome, Casa de Velasquez, École française d’Extrême Orient, Institut français d’archéologie orientale ) ou en France (École normale supérieure, École Pratique des Hautes Études, École des Hautes Études en Sciences Sociales).

 Les métiers de l’archéologie

Les métiers de l’archéologie sont très divers en France, de même que les services de rattachement des archéologues.

Sont rattachés au ministère de la culture, tout à la fois les conservateurs de musée (bien placés pour étudier des objets archéologiques), les archéologues de l’INRAP, spécialisés dans les opérations d’archéologie préventive et les conservateurs régionaux de l’archéologie (au sein des SRA), qui donnent ou non leur aval aux constructions en zones archéologiques sensibles. Les chercheurs du CNRS dépendent eux du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Sont rattachés au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche les professeurs d’archéologie à l’Université, peu nombreux, qui, ne serait-ce que par l’organisation de chantiers écoles pour leurs étudiants, sont aussi impliqués dans la recherche archéologique.

Sont rattachés au ministère des Affaires étrangères les instituts français à l’étranger de Damas, Amman, Beyrouth, Mexico et Lima, qui recrutent essentiellement des docteurs en archéologie pour des recherches dans les pays correspondants.

Les collectivités territoriales, enfin sont un débouché important. De nombreuses municipalités, départements… emploient des archéologues pour gérer un patrimoine archéologique particulièrement important, ou mettre en valeur un site remarquable.  

 Vidéo-entretien, J.-L. Sergent

Entretien avec Jean-Luc Sergent
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Jean-Luc Sergent est secrétaire général à la Mairie d’Allonnes. Un parcours dans l’archéologie ..., il a soutenu sa maitrise sur la céramique sigillée (terra sigillata) parce qu’elle est décorée ou signée avec des poinçons (sceaux, latin : sigillum).

 Sites web à voir

Jean-Pierre Reboul
(élève ENS 2e année, 2004)


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