« Chronologie et statuts des sites fortifiés de hauteur au Bronze final et au premier âge du Fer ancien dans le Nord-Ouest de la France (Haute-Normandie, Basse-Normandie et Bretagne) », Fabien Delrieu

par Ariane Ballmer

Fabien Delrieu, « Chronologie et statuts des sites fortifiés de hauteur au Bronze final et au premier âge du Fer ancien dans le Nord-Ouest de la France (Haute-Normandie, Basse-Normandie et Bretagne) », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 131-146.

Les données sur lesquelles l’auteur s’appuie viennent d’une part des fouilles anciennes, et d’autre part des interventions dans le cadre d’un programme de recherche lancé en 2007 dans la région de Basse-Normandie. A partir de onze sites répartis en Haute-Normandie, Basse-Normandie et Bretagne, une chronologie est établie permettant de mieux comprendre la dynamique des sites fortifiés de hauteur antérieurs aux oppida de La Tène finale.

Concernant la topographie Topographie Représentation des formes d’un terrain sur un plan. , la plupart des sites dans l’arrière-pays profitent de la géomorphologie protectrice/défensive des éperons naturels, qui dans certains cas sont renforcés par des remparts. L’occupation elle-même (i.e. la présence, la structure ainsi que la fonction) des sites fortifiés de hauteur du Bronze final est relativement mal connue. À partir de la répartition du mobilier, des interprétations de certaines zones fonctionnelles intra muros ont été faites : les traces d’activités agricoles et artisanales telles que la métallurgie, le tissage et la production céramique dominent.

À partir de dates absolues et relatives clairement attribuables à des faits archéologiques, l’auteur propose un début des occupations de hauteur fortifiées dans le Nord-Ouest de la France au Bronze final 1, c’est à dire entre le XIVe et XIIe s. av. J.-C. Au cours de la phase suivante, au Bronze final 2, un véritable climax du phénomène - avec des sites majeurs en Bretagne et en Normandie - peut être constaté. Ensuite, les sites fortifiés de hauteur subissent un abandon progressif au cours du IXe siècle (Bronze final 3). Les observations faites dans le Nord-Ouest de la France s’insèrent en général dans la dynamique des sites fortifiés de hauteur de l’arc nord-alpin. Parallèlement à cette grande ligne de développement, une petite série de fondations de sites au Bronze final 3 peut être observée, dont quelques-uns resteront occupés jusqu’au premier âge du Fer (par exemple Soumont-Saint-Quentin « Le Mont Joly »).

Pour finir, l’auteur insiste sur l’effort collectif nécessaire à la construction des installations défensives, qui serait lié à l’existence d’une hiérarchisation sociale. Cependant, les biens de prestige, qui indiqueraient la présence d’une élite dans les sites de hauteur fortifiés, sont pratiquement absents en Normandie et en Bretagne. Fabien Delrieu propose donc pour les habitats de hauteur fortifiés du Bronze final un statut d’ « habitats groupés propre à faciliter a pérennisation et la mutualisation d’activités artisanales » (p. 144) tout en soulignant l’état actuel de la recherche.


Ariane Ballmer, Post-doctorante UMR8546, AOrOC


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