« Un habitat de hauteur dans les Maures : le Peigros (Sainte-Maxime, Var) », Françoise Audouze, Sander van der Leeuw

par Ariane Ballmer

Françoise Audouze, Sander van der Leeuw, « Un habitat de hauteur dans les Maures : le Peigros (Sainte-Maxime, Var) », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 147-155.

Les investigations menées par les auteurs dans les années 90 permettent de s’interroger sur le statut du site du Peigros, en prenant en considération son rôle dans le territoire.

Une analyse de la topographie Topographie Représentation des formes d’un terrain sur un plan. montre que l’habitat fait partie d’un réseau de communication important. Sa situation stratégique est soulignée par une vue exceptionnelle à 360° autour du site incluant les baies de Fréjus et de Saint-Tropez, les Maures orientales, la vallée de l’Argens ainsi que les Préalpes. Les vallons du Peigros se prêtent à l’exploitation agricole.

Sur la pente la moins abrupte et donc la moins protégée, le site est défendu par une fortification de pierres sèches et deux avant-murs. Bien que les couches archéologiques à l’intérieur du site aient été fortement dérangées par des installations modernes, les auteurs arrivent à distinguer deux couches d’occupation. Des structures diffuses sont mises en relation avec des bâtiments. Le texte indique que la construction de la fortification et l’occupation du plateau datent de la même période.

Les grandes « urnes » dominent l’ensemble céramique du site. Quelques fragments d’amphores massaliètes et étrusques et ceux d’une œnochoé témoignent des échanges interculturels. À partir des formes locales (en particulier les urnes) et des amphores importées, une occupation du site aux VIe-Ve. s. av. J.-C. est attestée. Quant à la production des urnes, les auteurs proposent une provenance « locale mais pas sur le site » (p. 153) à partir des analyses de pâtes et l’absence de fours sur le site. Des graines carbonisées de céréales et de légumineuses trouvées dans l’habitat indiquent éventuellement une relation entre le site de hauteur et les bassins cultivés en contrebas.

Concernant le statut de l’habitat, les auteurs constatent une prééminence du site sur le territoire (effort collectif de la construction du rempart, céramique et ressources végétales produites ailleurs, situation topographique et géographique particulières) et proposent donc la présence d’un groupe familial cultivateur ou d’une petite élite locale profitant des surplus des habitats environnants.


Ariane Ballmer, post-doctorante AOrOc