« Modélisation de la topographie de Bourges aux âges du Fer », Laurence Augier (avec la collaboration de Ian Ralston, Xavier Rolland, Jacques Troadec)

par Ariane Ballmer

Laurence Augier (avec la collaboration de Ian Ralston, Xavier Rolland, Jacques Troadec), « Modélisation de la topographie Topographie Représentation des formes d’un terrain sur un plan. de Bourges aux âges du Fer », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 181-196.

La modélisation topographique est basée sur les données collectées lors de différents diagnostiques et opérations archéologiques et géotechniques, et complétée par des informations provenant de documents iconographiques et planimétriques. L’analyse spatiale de toutes ces données a été effectuée à l’aide d’un Système d’Information Géographique (SIG).

L’analyse se focalise sur l’éperon entouré d’un marécage, soit le secteur où se concentrent les découvertes de l’âge du Fer. Au total, 91 points d’observation peuvent être pris en compte dans ce secteur. Trois profils sont restitués à partir d’axes dans la longueur du plateau : en indiquant le niveau du toit du substrat et le niveau du sol actuel, l’épaisseur des sédiments devient visible. L’image des trois profils permet d’observer différentes anomalies de terrain qu’il s’agit d’interpréter : dépressions, terrasses artificielles, remblais Remblais Terre apportée pour combler, niveler ou surélever un terrain. . Les limites de la base de données et le biais induit par l’état de la recherche sont bien décrits et intégrés dans l’interprétation des résultats.

L’étude des profils révèle l’existence de deux talwegs sous forme de dépressions au sud et à l’ouest de l’éperon. A l’aide d’observations sur les chantiers, des documents iconographiques et des plans, une relation entre le talweg A et le rempart antique et médiéval est établie. L’observation des fossés (non datés) mène à des spéculations sur le système de fortification (jamais trouvé mais fortement envisagé) pour les deux occupations de l’âge du Fer. Différents emplacements du rempart sont proposés.

À part deux cas exceptionnels, les niveaux hallstattiens sur le site de Bourges sont recouverts par des couches augustéennes. Il est démontré que les activités à l’époque antique ont fortement perturbé les niveaux du premier âge du Fer. À l’arrière de l’éperon, une zone artisanale avec des ateliers et une structure de stockage a été fouillée, datant de la fin du premier âge du Fer et du tout début du second.

Tandis que les sources du IVe s. av. J.-C. restent modestes, des fosses rituelles, des fosses-ateliers et deux structures funéraires témoignent des activités de La Tène C au IIIe s. av. J.-C. L’oppidum d’Avaricum de La Tène D, décrit par César, manque encore de preuves archéologiques. L’absence de telles structures est liée à l’aménagement du terrain de la ville, notamment du terrassement après la Conquête.

Un des intérêts de ce travail ambitieux sera sûrement la réalisation dans le futur de sondages ciblés à partir du modèle topographique, afin de palier les lacunes et de mieux comprendre la topographie Topographie Représentation des formes d’un terrain sur un plan. et l’histoire de Bourges.


Ariane Ballmer post-doctorante AOrOc