« Pérennité et/ou rupture dans l’habitat protohistorique à l’ouest de la péninsule armoricaine : deux exemples Quimper et Ouessant », Jean-Paul Le Bihan

par Ariane Ballmer

Jean-Paul Le Bihan, « Pérennité et/ou rupture dans l’habitat protohistorique à l’ouest de la péninsule armoricaine : deux exemples Quimper et Ouessant ». dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 197-206.

A partir de deux espaces armoricains, l’auteur montre les dynamiques spatiales de l’habitat de l’âge du Bronze au début de l’Antiquité romaine.

Aucun des sites sur le territoire de Quimper n’est occupé en permanence entre le début de l’âge du Bronze et l’Antiquité romaine. L’auteur constate des ruptures et des déplacements dans l’occupation qu’il qualifie de « caractère migrant » (p. 200). Tandis qu’en milieu rural, lors de la transition de l’âge du Fer à l’Antiquité romaine, ce phénomène est expliqué par des raisons techniques et juridiques liés à l’exploitation du sol. Le décalage spatial en milieu urbain est mis en rapport avec une dissolution soudaine de toute une population agglomérée.

Le site de Mez-Notariou sur l’île de Ouessant connaît deux phases d’installation : une première de la fin du Bronze ancien au début du Bronze final I, une deuxième au premier âge du Fer. A partir de ces occupations et en considérant d’autres structures sur le site ainsi que dans les environs, l’auteur se prononce pour une occupation « quasi-permanente du Bronze ancien à la fin de l’Antiquité tardive » (p. 203) de l’île de Ouessant.

L’occupation permanente est ensuite appuyée par la qualité des sols, le climat et l’étendue de l’île. De plus, sa situation le long de la voie atlantique, axe jouant un rôle majeur dans le transport des minerais d’étain et de cuivre, souligne son rôle stratégique de contrôle. En somme, l’auteur ne voit pas de rupture dans l’occupation à travers les siècles mais plutôt des changements dans les fonctions de l’île. En signalant bien les problèmes de l’état des sources ainsi que des problèmes méthodologiques, l’auteur finit l’article en nous invitant à lire les données archéologiques dans l’optique de construire des modèles d’explication.


Ariane Ballmer post doctorante AOrOc


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