« Les oppida quercynois et la place de Murcens dans le territoire des Cadurques à la fin de l’âge du Fer : un état de la question », Lionel Izac-Imbert, Michel Vaginay

par Ariane Ballmer

Lionel Izac-Imbert, Michel Vaginay, « Les oppida quercynois et la place de Murcens dans le territoire des Cadurques à la fin de l’âge du Fer : un état de la question », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 207-217.

L’article débute par la question de l’identification du lieu de la bataille d’Uxellodunum, en 51 av. J-C., et du rôle des oppida avant, au moment de et après la Conquête. Dans ce but, le site de Murcens est comparé avec les données des sites du Puy-d’Issolud et de L’Impernal.

Les fouilles dans le secteur de la Fontaine de Loulié au Puy-d’Issolud ont permis de mettre au jour des niveaux de la fin de l’âge du Fer, contenant entre autre des militaria de l’époque césarienne, scellés par des zones incendiées. Bien que la topographie Topographie Représentation des formes d’un terrain sur un plan. du site favorise l’interprétation en tant qu’oppidum, le mobilier et les structures du deuxième âge du Fer sont extrêmement discrets voire inexistants sur le plateau ! Les auteurs révisent donc la qualification du site et le classent comme « lieu très secondaire » (p. 210). Ils engagent immédiatement le lecteur à comprendre le terme d’« oppidum » exclusivement dans le contexte d’un épisode militaire.

Les vestiges archéologiques du site de l’Impernal indiquent une occupation permanente du premier âge du Fer à l’Antiquité tardive. Non seulement une fortification de la fin de l’âge du Fer du type murus gallicus a été constatée, mais aussi des niveaux et du mobilier de la fin de la période ainsi que des activités de sidérurgie.

Le site de Murcens est caractérisé par un imposant murus gallicus. Un atelier métallurgique et la masse importante de fragments d’amphores importées indiquent son rôle particulier au second âge du Fer (LT C2 – LT D2). Par contre, dans le cas de Murcens, aucun élément n’est attribuable au Haut-Empire.

La topographie, l’infrastructure, le système défensif et le mobilier permettent d’attribuer Murcens et l’Impernal à la catégorie des oppida du deuxième âge du Fer. Sur le plan chronologique, l’occupation de Murcens se concentre à La Tène D1 et au début de La Tène D2 et ne dépasse guère le milieu du Ier s. av. J.-C. L’occupation de l’Impernal continue de La Tène D2 au Haut-Empire. En tout cas une occupation synchrone entre les deux sites est attestée au début de La Tène D1, ce qui cependant, d’après des éléments de parure, se fonde sur une présence antérieure.

Tandis que Murcens est abandonné rapidement au moment de la création de la capitale de la cité romaine, Divona, une continuité de l’occupation de L’Impernal est avérée. A partir de la dynamique d’occupation, les auteurs attribuent du « pouvoir à l’échelle de la cité cadurque » (p. 214) à l’oppidum de Murcens, qui aurait été soumis au transfert de capitales de cités à la fin du Ier s. av. J.-C. et donc abandonné en faveur de Divona. L’Impernal, d’autre part, aurait constitué un « lieu de pouvoir à une échelle locale » (p. 215) au second âge du Fer, qui après la romanisation aurait maintenu son statut, au moins symboliquement, au Haut-Empire.


Ariane Ballmer Post-doctorante UMR8546, AOrOC