« Pour une anthropologie de la guerre en Gaule » Jean-Louis Brunaux

Ariane Ballmer

Jean-Louis Brunaux, « Pour une anthropologie Anthropologie C’est l’étude des sciences humaines et des sciences naturelles qui étudie l’être humain sous tous ses aspects, sociaux, psychologiques, culturels et physiques. de la guerre en Gaule », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 661-670.

La contribution de Jean-Louis Brunaux est consacrée aux guerriers gaulois, nommés par César equites (« cavaliers »). En mettant en place une « anthropologie Anthropologie C’est l’étude des sciences humaines et des sciences naturelles qui étudie l’être humain sous tous ses aspects, sociaux, psychologiques, culturels et physiques. de la guerre » l’auteur s’interroge sur leur identité, leur vocation, leur recrutement, leur formation, leur vie quotidienne, leur apparence physique, leurs privilèges, leur statut social, leur destin – des aspects apparemment longtemps négligés par la recherche. Dans ce but, non seulement les sources littéraires, mais surtout des vestiges archéologiques sont consultés et analysés par l’auteur.

Tandis que les sources écrites (l’auteur renvoie entre autres à Poseidonios d’Apamée, César, Polybe et Tite-Live) offrent surtout des indices sur le statut noble des guerriers, l’organisation militaire, l’armement armement et la façon de combattre, l’archéologie livre des points de repère fondamentaux. Pour une esquisse de la vie quotidienne des guerriers, l’auteur cite les fouilles de la villa de Montmartin près de Gournay : là, la présence d’armes et de fragments de crânes humains indiquent déjà des activités guerrières que Jean-Louis Brunaux imagine comme « entraînement, jouets, réunions, culte » (p. 655).

Des faits comme la séparation du complexe par une enceinte du reste de la communauté ou la présence de restes de banquets soulignent la spécificité du cadre donné. Les restes humains du sanctuaire Sanctuaire
Sanctuaires
Lieu sacré, consacré par une religion.
de Ribemont-sur-Ancre permettent de faire des observations sur les guerriers, apparemment professionnels : une population homogène, en majorité masculine, plutôt jeunes avec quelques exceptions, et une condition physique impressionnante (entraînement, nourriture, santé). L’auteur met aussi en évidence le lien entre la guerre et l’économie gauloise, à savoir que l’entretien et la richesse du peuple sont en grande partie basés sur l’acquisition de butins, d’esclaves et de sols. L’auteur conclut son article en appelant à la réalisation d’analyses expérimentales afin de mieux comprendre l’usage des armes trouvées dans les sanctuaires, autrement dit les techniques de combat, et d’analyses biologiques (anthropologiques, génétiques, isotopiques Isotopiques En chimie deux types d’atomes sont des isotopes si leurs noyaux ont un nombre de protons identique mais un nombre de neutrons différent. etc.) des personnes en question, pour identifier leurs sexes, âges, conditions physiques, origines géographiques, relations parentales, habitudes alimentaires, etc.

Dans le but d’obtenir une image nuancée du guerrier gaulois, il souligne également l’importance de comparer d’un côté les guerriers découverts dans les sanctuaires à ceux trouvés dans des tombes, et de l’autre côté les guerriers à la population non-guerrière.


Ariane Ballmer post-doctorante AOrOc