« L’avenir d’Alésia », Michel Reddé

par Ariane Ballmer

Michel Reddé, « L’avenir de Alésia », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 681-688.

Alésia, lieu mythique de l’histoire de France, est en premier lieu un « gisement archéologique de premier ordre » (p. 681). Dans l’occupation continue du site au moins dès l’âge du Bronze, le siège de 52 avant J.-C. représente un épisode marquant.

Les ouvrages militaires romains ont attiré une attention croissante depuis les fouilles de Napoléon III dans les années 1860. Néanmoins les connaissances sur les camps d’Alésia sont encore très limitées. Tandis que les lignes, c’est-à-dire les retranchements et les fossés faisant partie de la contre- et circonvallation, restent très mal connus, des traces de camps ont pu être identifiées. Outre les grands camps, comme par exemple Bussy ou Flavigny le long de la contrevallation, il existe des camps hors des lignes, dont l’identification est douteuse. Un nouveau type de dispositif défensif avec un système de rempart transversal aux lignes de contre- et circonvallation a été découvert récemment dans la plaine des Laumes. On peut supposer l’existence d’autres de ce type dans le secteur d’Alésia.

A l’époque du siège, Alésia était bien un oppidum central des Mandubiens. Bien que son statut précis ne soit pas connu, le mouvement homogène de création des oppida de la région (entre autres Bibracte, Langres et Mâcon) laisse présager sa fonction politique, religieuse et économique. L’existence d’un habitat de plaine contemporain de l’oppidum n’est pas exclue.

Les couches archéologiques de l’agglomération laténienne d’Alésia sont présentes, mais peu explorées. Deux segments de murus gallicus et les ateliers de métallurgistes constituent à l’heure actuelle les seules structures datées avec certitude de l’oppidum. L’extension de l’habitat gaulois reste donc inconnue.

Compte tenu du siège et son issue dévastatrice, l’expansion rapide de l’habitat gallo-romain dans les années 40-30 avant J.-C. est étonnante. Face à cette observation et en pointant aussi d’autres phénomènes (la place dit « forum », ainsi que l’existence d’un programme décoratif), Michel Reddé soulève la question d’une confrontation à une « romanisation précoce et profonde » (p. 687). Les motifs derrière la construction d’un nouveau murus gallicus sous Tibère, donc la référence aux traditions indigènes, restent obscures.

Dans l’intérêt de la recherche, l’auteur insiste sur l’importance d’une remise en question et d’une correction continue des connaissances actuelles.


Ariane Ballmer post-doctorante AOrOc