« Le passage des meules va-et-vient aux meules rotatives en France », Luc Jaccottey et al.

par Philippe Charnotet

Luc Jaccottey, Natalià Alonso, Sylvie Defressigne, Caroline Hamon, Stéphanie Lepareux-Couturier, Vérane Brisotto, Sophie Galland-Crety, Florent Jodry, Jean-Paul Lagadec, Hubert lepaumier, Samuel Longepierre, Boris Robin, Nolwen Zaour, « Le passage des meules va-et-vient aux meules rotatives en France », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32), Bordeaux, 2013, p. 405-419.

Le passage des meules va-et-vient aux meules rotatives, et l’établissement d’une chronologie fine de cette transition, constituent des questions importantes dans l’étude des meules à l’âge du Fer.

Avant d’en présenter l’évolution, les auteurs soulignent les problèmes méthodologiques rencontrés : la différence de cadre chronologique entre Gaule du nord et méridionale, qui les incite à se fixer sur un découpage en années calendaires ; ou encore l’« absence » de sites à certaines périodes, en l’occurrence les IVe et IIIe s. av. J.-C., dans le nord de la France, dont une explication serait l’occupation alors plus importante des plateaux, zones négligées par les opérations archéologiques au profit des plaines.

Les données ont ensuite été inventoriées en fonction des sites et de leur datation, du nombre et du type des meules, puis cartographiées par période.

Une chronologie est établie : connue depuis le Néolithique, la meule va-et-vient va être utilisée jusqu’au IIIe s. av. J.-C., au moins dans le nord de la Gaule. Dès le Ve s. av. J.-C., la meule rotative à main apparait en méditerranée nord-occidentale (péninsule ibérique et Sud de la France), et se diffuse progressivement du sud vers le nord de la Gaule, entre le IVe s. et le début du IIe s. av. J.-C. Son expansion en Gaule méridionale (Languedoc jusqu’à la vallée du Rhône) commence au cours du IVe s., parallèlement à celle des meules à trémie, en Provence, où elles n’apparaitront qu’au IIe s. Dans le reste de la Gaule, les meules va-et-vient sont exclusives pendant les Ve et IVe s. av. J.-C., les rotatives ne s’y implantant qu’à partir de la seconde moitié du IIIe s., pour devenir largement majoritaires dès le début du IIe s. Après avoir rappelé la nécessité de compléter le corpus Corpus Un corpus est un ensemble de documents, artistiques ou non (textes, images, vidéos, etc.), regroupés dans une optique précise. , pour combler les lacunes géographiques, les auteurs soulignent l’importance de poursuivre les recherches liées à la diffusion de cet outil (de proche en proche, ou à partir d’importations copiées ?) ou au rôle joué par les artisans spécialisés dans cette production meulière.


Philippe Charnotet Docteur en archéologie, AOrOc