Epigraphie monétaire mérovingienne : nouveaux outils et nouvelles perspectives

par Florence Codine

Résumé de la contribution de Florence Codine au séminaire doctoral NUMEAR, organisé par Élodie Paris, Solène Chevalier et Thomas Bardin, le 5 mars 2016.

Les inscriptions monétaires mérovingiennes sont une source extrêmement peu exploitée par la recherche. Difficile à déchiffrer et peu connues hors de la discipline numismatique Numismatique C’est la science des monnaies et médailles. Elle est particulièrement utile pour les recherches en histoire ancienne (romaine et grecque) et elle sert aussi en archéologie comme critère de datation. , elles ont été considérées par cette dernière exclusivement sous l’angle utilitaire de l’identification des monnaies (localisation des ateliers monétaires, nom des autorités émettrices et des monetarii). Elles représentent pourtant la source la plus abondante pour l’onomastique de cette période, et un corpus Corpus Un corpus est un ensemble de documents, artistiques ou non (textes, images, vidéos, etc.), regroupés dans une optique précise. exceptionnellement riche, par le nombre d’inscriptions mais aussi la variété des formes, pour l’étude des pratiques et de la réception de l’écrit à l’époque mérovingienne.

Depuis trois ans, la Bibliothèque nationale a lancé un projet de recherche consistant à créer des outils pour l’étude de l’épigraphie monétaire, en utilisant le corpus mérovingien comme premier terrain d’étude. Une base d’annotation, une police de caractères et une ontologie pour modéliser la lettre épigraphique ont été mis en place ou sont en cours de développement, avec l’objectif de les mettre à disposition des chercheurs en consultation et pour leurs propres projets dans les années à venir.

L’annotation du corpus mérovingien quant à elle devrait permettre d’atteindre une meilleure compréhension de l’évolution des formes de lettres, et d’étudier l’évolution du rapport et des pratiques de l’écrit au cours de la période. D’un point de vue plus strictement numismatique, ce travail sera l’occasion de corriger certaines lectures erronées et de faciliter les lectures à venir, et de tenter de déterminer s’il existe dans les formes épigraphiques monétaires de cette période des marqueurs géographiques et/ou chronologiques communs avec l’épigraphie d’autres supports ou propres aux monnaies.


Florence Codine Département des monnaies, médailles et antiques Bibliothèque nationale de France