De l’étude de coins à l’étude des contextes : L’identification d’un atelier de monnaies de Marseille dans l’Hérault

par Elodie Paris

Résumé de la contribution d’Élodie Paris au séminaire doctoral NUMEAR, organisé par Élodie Paris, Solène Chevalier et Thomas Bardin, le 5 mars 2016.

Dans le cadre d’une thèse portant sur les influences massaliètes et italiques sur la monnaie en Languedoc, le numéraire ayant circulé entre le VIe s. av. n. è. et la fin du règne d’Auguste a été remis dans son contexte archéologique. Cette zone d’étude, comprise entre les agglomérations de Narbonne à l’ouest et d’Arles à l’est, a permis d’observer une quantité surprenante de petits bronzes de Marseille dans la partie occidentale du Languedoc. Si cette dernière s’explique par plusieurs facteurs et notamment par une grande diffusion des petits bronzes au taureau cornupète au Fer II final dans la région, la concentration de certaines classes monétaires sur un oppidum en particulier a motivé cette étude.

À l’occasion de cette première édition du séminaire NUMEAR consacrée aux méthodes de recherche des jeunes chercheurs en numismatique Numismatique C’est la science des monnaies et médailles. Elle est particulièrement utile pour les recherches en histoire ancienne (romaine et grecque) et elle sert aussi en archéologie comme critère de datation. , il parut intéressant de présenter une étude de cas mêlant à la fois la base d’une étude numismatique « classique » – l’étude de coins – et une méthodologie de plus en plus adoptée ces trente dernières années par les chercheurs, à savoir la prise en compte systématique des contextes archéologiques. Il est en effet très problématique de dissocier la monnaie de son contexte pour la compréhension de la circulation monétaire Circulation monétaire Le fait que les monnaies circulent et sont acceptées comme moyen de paiement universel dans une aire géographie donnée, qui correspond à la zone d’influence du pouvoir émetteur. référence : Gruel (K.) et Morin (E.), Les Monnaies celtes du musée de Bretagne, Rennes-Paris, Musée de Bretagne-Maison Florange, 1999. d’une région : la monnaie est désormais considérée comme un artefact archéologique au même titre qu’un autre. Il convient donc d’observer à la fois ses informations intrinsèques mais aussi extrinsèques (datation stratigraphique, mobilier associé, position primaire ou secondaire, type de contexte, etc).

C’est donc une approche globalisante qui fut nécessaire, par le biais d’une reprise des rapports de fouilles anciennes, de l’examen des coins sur les petits bronzes en question, complétée par des découvertes récentes en contexte d’archéologie préventive, afin de prouver définitivement l’existence de cet atelier monétaire dans l’Hérault. Cette communication avait ainsi pour objectif principal une présentation de la méthodologie utilisée. Les résultats de cette étude feront prochainement l’objet d’une publication détaillée.


Élodie Paris Doctorante en Archéologie Université Montpellier 3 (UMR 5140-ASM) ENS (UMR 8546-AOROC)