« Los constructores del santuario de Gastiburu (Bizkaia) a través del analisis arqueométrico », Luis Valdés

Véronica Cicolani

Luis Valdés, « Los constructores del santuario de Gastiburu (Bizkaia) a través del analisis arqueométrico », dans L’âge du fer en Europe - Mélanges offerts à Olivier Buchsenschutz. Sous la direction de Sophie Krausz, Anne Colin, Katherine Gruel, Ian Ralston, Thierry Dechezleprêtre, Éditions Ausonius, Collection Mémoires (32). Bordeaux, 2013, p. 609-617.

Le site de l’âge du Fer de Gastiburu, dans le Pays basque, étonne par sa forme qui ne trouve pas de comparaison dans l’architecture de l’âge du fer européen. Dans cette contribution, l’auteur revient sur les aspects architecturaux et sur les modes de constructions du site publié en détail en 2009 par le même auteur.

Situé à l’est de la rivière Oka et à 1 km au sud-ouest de l’oppidum de Marueleza, IVe s. avant J.-C., le site de Gastiburu se compose de 4 structures sub-circulaires proéminentes en forme de lobe et d’une structure semi-circulaire, de taille plus petite, disposées atour d’un espace vide et pavé, la place. En l’absence de mobilier archéologique, l’étude du site a reposé essentiellement sur des analyses géophysiques, pétrologiques, géologiques et architecturales, complétées par des sondages. La disposition de ces cinq éléments dessine un pentagone presque régulier, le centre de chaque lobe correspondant à l’une des cinq extrémités du polygone, tout comme les segments frontaux de chaque lobe dessinent un autre petit polygone délimitant la place pavée. Chaque lobe se présente comme une sorte de podium ayant une base en forme de fer à cheval et soutenant un escalier. La construction se faisait par la pose de blocs figés dans le sol composant un double périmètre, interne et externe, rempli de matériaux hétérogènes. À partir de ce socle s’élevaient les murs rendus solidaires avec le noyau interne par des poutres en bois, traitées avec le feu. Ceci permettait d’obtenir une structure massive capable de répondre aux exigences d’élévation, de soutien et de consolidation nécessaire pour l’installation du grand escalier.

Les calculs géométriques appliqués à l’étude spatiale du site ont permis à l’auteur d’établir que cet ensemble architectural avait été planifié avant d’être mis en œuvre en ayant recours à des figures géométriques et à des calculs complexes. Cette approche a mis en avant l’utilisation d’un module de construction particulier équivalent à 0,313 m. ; cette mensuration n’est documentée à ce jour que chez les peuplades limitrophes comme les Carietes, les Venneses et les Vardulos ainsi qu’en Asturies, alors que le pied celtibère est l’unité de mesure la plus communément utilisée dans le reste de la péninsule. Ces spécificités, tout comme l’orientation astronomique du complexe vers le solstice d’été, indiquent le caractère exceptionnel de ce site dont la conception et la mise en œuvre ont nécessité des compétences de très haut niveau. Situé dans le Pays basque, longtemps considéré comme simple zone de passage occupé par des peuples peu évolués, le complexe monumental de Gastiburu, fouillé et interprété par l’auteur comme un sanctuaire Sanctuaire
Sanctuaires
Lieu sacré, consacré par une religion.
, révèle l’existence d’une société complexe, évoluée et structurée autour d’un pouvoir politique fédérateur dont le sanctuaire du Gastiburu et le proche oppidum de Marueleza en sont une manifestation.


Véronica Cicolani Post-doctorante AOROC