École Thématique CNRS AOrOc-Bibracte IV | MOSAICnet, octobre 2018

Dans cette rubrique et au travers de ses articles, vous trouverez la présentation de cette École Thématique ainsi que divers documents ou tutoriels concernant notamment le logiciel R Studio . Précisément à propos de ce logiciel, nombre d’informations sont issues du site web gitlab qui a été créé à cette occasion (en anglais) et nous vous encourageons à le visiter pour obtenir de plus amples informations :
ffaupel.gitlab.io/mosaic

 

Affiche de l’E.T. MOSAICnet
Affiche de l’E.T. MOSAICnet

École Thématique internationale « MOSAICnet : Networks in Archaeological Research ». Formalisation, quantification, modélisation simulation des données archéologiques.
Cette école a réuni 28 chercheurs et jeunes chercheurs autour de la thématique des réseaux en archéologie. Des réseaux d’échanges aux réseaux urbains, les systèmes d’interactions sont un élément constitutif de toutes les sociétés depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours. L’École proposait état des lieux des différentes approches méthodologiques de cette question transdisciplinaire, et l’apprentissage pratique des bases de chacune de ces approches à l’aide du langage de programmation R et de l’utilisation du logiciel R Studio. La formation de six jours s’est tenue au Centre de Recherche Européen de Bibracte, à Glux-en-Glenne en octobre 2018.

 Une thématique transdisciplinaire au cœur de l’actualité scientifique

Interactions et Systèmes d’Interactions sont à la base de toute société et relation sociale. Concept fondamental dans les Sciences Humaines, les notions de réseaux et d’interactions ont pourtant longtemps été laissées de côté en archéologie car ces relations ne laissent généralement pas de traces directes. Depuis une quinzaine d’années, ces notions s’enrichissent pourtant d’un grand nombre de méthodes et outils nouveaux développés dans d’autres disciplines, liés à l’accroissement des données et des collaborations transdisciplinaires. Ces méthodes sont issues de différentes traditions disciplinaires. On mentionnera principalement l’Analyse de Réseaux Sociaux (Social Network Analysis), qui dérive des recherches effectuées sur la Théorie des Graphes en mathématiques, puis en sociologie et en histoire, ainsi que l’analyse spatiale des réseaux, issue quand à elle de la géographie et de la physique. Ces nouvelles méthodes visent à mieux caractériser et comparer la structure de ces systèmes de relations, voire à restituer les réseaux d’interactions suggérés par la mobilité des objets à l’intérieur d’un territoire.

 

La thématique des réseaux archéologiques est ainsi aujourd’hui en pleine expansion. De nombreux colloques leurs sont dédiés chaque année, et le nombre de publications sur la question a explosé au cours de la dernière décennie. Il semblait nécessaire de faire le point sur cette multitude d’approches nouvelles, et de discuter de leurs apports à la palette d’outils des archéologues, tout comme de leurs limites. Au-delà de l’effet de mode, cette école avait à cœur de contribuer à promouvoir l’intégration raisonnée de ces méthodes (sans rejet de principe ni confiance aveugle) dans la palette des outils des archéologues. En ce sens, de nombreux retours de participants ont souligné leur satisfaction envers cet apprentissage critique, qui leur permettra une application équilibrée de ces méthodes à leurs propres recherches.

 Un panorama méthodologique large pour des retombées dans de nombreux champs de l’archéologie

Au-delà des notions larges nées du dialogue avec les autres sciences, la question des réseaux anciens ouvre un large panel de champs d’étude en archéologie (réseaux, d’échanges, interactions, réseaux urbains, réseaux routiers, réseaux culturels, etc.). La formation avait pour objectif d’initier les participants aux principes théoriques et aux possibilités d’application des principaux champs méthodologiques couverts par le concept de réseau en archéologie :

  • Analyse de la structure des réseaux : Social Network Analysis (SNA)
  • Infrastructures des réseaux dans l’espace : Least Cost Path Analysis, Cost surface, Random walk
  • Analyse des réseaux spatiaux : Modèles d’interactions spatiales
  • Analyse de la diffusion des objets archéologiques à l’aide d’outils d’analyse de réseaux :, Structures de diffusion, Analyses de coprésences d’artefacts, Analyse de similarités des assemblages archéologiques.
    Le passage en revue de ces méthodes a permis d’aborder plusieurs problématiques majeures en archéologie, en particulier le travail sur les réseaux routiers, les contraintes liées à la localisation des voies de circulation, l’analyse des réseaux d’échanges à travers l’étude de la diffusion des mobiliers exogènes, ou encore l’émergence des réseaux urbains.

La force de ces différentes thématiques et méthodes repose sur leur applicabilité à un grand nombre de champs de recherche. Elle a permis de réunir pendant six jours des participants issus de champs disciplinaires particulièrement diverses, depuis les archéologues de terrain, chercheurs confirmés et doctorants, aux modélisateurs, statisticiens et géomaticiens. Ces différents profils couvraient des aires de recherche extrêmement variés, du paléolithique supérieur chilien à la période médiévale et moderne européenne, en passant par les âges des métaux et la période romaine. Cette grande diversité disciplinaire s’est révélée une richesse à de nombreux égards. Par son enthousiasme et son dynamisme, le groupe de participants hétérogènes en terme de statuts et de spécialités s’est rapidement fédéré autour de problématiques communes. Ces horizons disciplinaires variés ont profondément enrichi les discussions et débats.


Cette école a bénéficié d’un groupe très dynamique au départ très hétérogènes tant dans les spécialités que dans les attentes et surtout dans la pratique de ces méthodes.
Positionnée sur une appréhension très européenne de la formation (8 pays représentés) , cette École Thématique AOrOc-Bibracte, réunissant archéologues de terrain, modélisateurs, statisticiens et géomaticiens sur les échanges en Europe au cours du Ier millénaire av. J.-C., visait à mettre sur pied des procédures communes pour l’analyse des données, de manière à apporter une meilleure comparabilité entre les recherches en dépassant l’hétérogénéité des traditions de recherche selon les pays et en faisant émerger par cette comparabilité, de nouvelles questions de recherche à l’échelle européenne.
Elle constitue donc un jalon important dans l’internationalisation de la formation sur ces thématiques et méthodes d’avenir. Elle contribue à promouvoir leur intégration raisonnée (sans rejet de principe ni confiance aveugle) dans la palette des outils des archéologues.
Enfin, l’école a permis de renforcer les collaborations entre les différentes institutions impliquées : le CNRS, l’Ecole Normale Supérieure, l’université Paris 1, l’université de Kiel et l’Ecole Européenne de Protohistoire de Bibracte.

 Bibliographie

  • Mills B. (2017). Social network analysis in archaeology. Annual Review of Anthropology, (46), 379‑397. https://doi.org/10.1146/annurev-ant... 041423.
  • Collar A., Coward, F. Brughmans T., & Mills B. (2015). Networks in archaeology : phenomena, abstraction, representation. Journal of Archaeological Method and Theory, (22), 1‑32.
  • Knappett C. (2014). Analyse des réseaux sociaux en archéologie. Paris : Maison des sciences de l’homme  : Ed. Errance.
  • Brughmans T. (2010). Connecting the dots : towards archaeological Network analysis. Oxford Journal of Archaeology, 29(3), 277‑303.

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